Le quiproquo du numérique

De CNRLIB
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Depuis six ans nous nous interrogions ici sur la manière de civilement contribuer à la recherche actuelle et à l'utilisation adéquate du "plus machina" du numérique réticulaire que nous avons conçu et déployé.

Il nous a fallu un certain temps pour évaluer à quel point le monde s'était départi de notre longueur d'onde. Et quelle était l'abysse et la raison de la régression diktyologique qui séparait :


Le hiatus

La rupture s'étant produite à l'occasion de la prise de contrôle du monopole radical technologique (Tymnet) par le leader du militaro-industriel nord-américain, et le remplacement de sa modélisation "OSI étendue" par les seules quatre couches TCP/IP, nous avions pris la stratégie de "status-quo" technologique engagée en 1986, et poursuivie jusqu'en 2016, par le NTIA comme le moyen de conserver le réseau digital mondial sous le contrôle politique, économique et industriel des plateformes américaines (dites GAFAM).

Notre réflexion s'est approfondie à l'occasion :

  • du traitement de la normalisation multilinguistique (coopération INTlNET, ACALAN, UIT, UNESCO au sein de MAAYA - et notre succès à l'IETF contre une "globalization" américaine (UNICODE) du nommage numérique) ;
  • puis de la "Transition du NTIA" (où notre précaution a pu pondérer une approche par trop unilatéralisée).

Nous avons alors perçu que le propos du numérique nous avait échappé et était passé :

  • d'une capacitation interdisciplinaire et concitoyenne au sein d'une multitude multimatiquement augmentée - qui était notre propos initial,
  • au contrôle juridique d'une technologie primaire, contenue au niveau des seuls échanges pratiques de bout en bout. Un Minitel à l'écran super intelligent.

Nous avions voulu répondre au besoin d'une nouvelle architecture du penser, pour l'homme/machine : nous nous retrouvons confinés à des contraintes de police inquisitoires des échanges et de douane d'une propriété surannée des idées.

C'est ce que nous appelons le "quiproquo du numérique" : celui de son mal-emploi. Ce qui nou parait surprenant est le fourvoiement actuel de l'utilisation du numérique : personne ne questionne l'architecture des NTIC qui sont utilisées et étudiées comme s'il s'agissait d'une proposition naturelle relevant du big-bang, si l'ami Vint Cerf (le primauteur de TCP/IP en 1974) était Dieu le Père ou si tout le monde s'était le mot pour ne pas en considérer la dette technique).


Il nous restait à en comprendre la raison.

Celle-ci est profonde et corollaire de l'évolution sociétale de la multitude humaine depuis la forêt, l'agriculture, les villages et cités, les empires, et la féodalité.

  • Lorsque Machiavel eut à décrire dans son histoire de Florence, la révolte des "Ciompi" (les ouvriers laineux qui n'avaient pas de ligue pour les défendre) contre des taxes incomprises, il utilisa le mot "multitude" pour la partie de la plèbe qui n'avait pas de contrat social avec l'autorité souveraine de la cité, réservant le mot "peuple" pour celle qui avait un statut institutionnel.
  • Ce fut le grand thème du débat politico-sociétal qui de Bodin (notion de souveraineté), à Spinoza, conduisit à Hobbes (Léviathan), à la paix de Westphalie et à l'Etat-moderne sur lequel nous vivons encore. Hobbes résume cela en disant que "la rébellion c'est lorsque la multitude se révolte contre le peuple". Exemple : les Gilets Jaunes.
  • Le double sommet mondial sur la société de l'information (SMSI 200"-2005), a établi les principes que la société du savoir que nous construisons doit être :
  • "people centered, à charactère humain, centrada en la persona" ;
  • sa gouvernance en multipartieprenance entre gouvernements, société civile, secteur privé et organisations internationales.
et donc organisé selon une formule nouvelle d'Etat-réseau post-moderne que tentent aujourd'hui de retarder et de se disputer les "GAFEtats", tentant de bloquer ou de confuser la capacitation individuelle pour laquelle nous avons œuvré.


Etat des situations

  1. en 1986, c'est l’hystérésis de l'équilibre sociétal moderne qui a naturellement joué contre la nouveauté du réseau numérique ;
  2. demain, la stabilisation de l'équilibre sociétal post-moderne prévaudra par la stabilisation du déploiement juritechnologique ("architecture is politics; code is law")
  3. aujourd'hui nous sommes encore en période d'allers et de contrecoups transitoires, où il est nous est rabâché que le problème est celui de la complexité de notre maîtrise d'un numérique envahissant, alors qu'au contraire nous avons introduit la réticularité numérique pour simplexifier la prise en compte d'un monde approfondi dont Poincaré (1889) nous a révélé la complexité et le chaos (irrésolubilité analytique du problème à n corps, pour n > 2).


La solution ?

La solution nous apparaît être la sapience : la construction et l'appropriation de bon sens du commun du savoir commun participativement partagé sur, par, pour et au sein de la "multitude des chacuns de nous" et de celles des composants de l'univers :

  • soutenu par une diktyologie (réseau d'ontologies) ouverte,
  • une raison et des méthodes étendues (interdisciplinarité et compréhension polylectique des agoras),
  • architectoniquement modélisé par une grammaire anthropobotique uniforme de l'interligence de l'univers,
  • des outils communicationnels articulés autour du perférent (l'extension dynamique, mis à jour, fiduciarisé, ubiquiste, pervasif, adressable et multilinguistique, du document).
  • une théorie néguentropique et interdisciplinaire de la relation et de l'intellition, complétant celles de l'entropie de Shannon et de l'algorithmie de Solomonov, Chaitin et Kolmogorov.

Il nous parait que ceci pourrait résulter de la propagation catalytique de capaxies personnelles autonomes, locales, etc. de nos mnèmes privés, que nous modélisons sous forme de "neb" : le nébulaire glocal d'échanges entre les processeurs personnels, ou communautaires, de chacun - pour nous permettre de pleinement et librement nous exprimer et agir selon nos mots et nos bots.