Le quiproquo du numérique

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Depuis six ans nous nous interrogions ici sur la manière de civilement contribuer à la recherche actuelle et à l'utilisation adéquate du "plus machina" du multimatique réticulaire que nous avons conçu et déployé, et qui nous a été retiré, en 1978 puis 1986, au profit de la vision télématique d'Etat (France - rapport Nora-Minc - et Etats-Unis - désagrégation de Tymshare/Tymnet par McDD, plateformisation des GAFGov) connue pendant trente ans sous le nom de "stratégie [technologique] du status-quo", portée par l'IEEE et l'IETF.

Il a fallu le temps que le NTIA perçoive les conséquences devenant négatives (RFC 3869) de son endiguement diktyologique de 1986, une fois la prédominance nord-américain dans l'infrastructure du catenet mondial contestée par l'Europe et la Chine :


La rupture s'étant produite à l'encontre du modèle agorique de Tymnet et le déni de son intégration du modéle à sept couches "OSI" par les seules quatre couches TCP/IP, la transition NTIA en 2016 conserve le réseau digital mondial sous le contrôle politique, économique et industriel des plateformes américaines (dites GAFAM, bien que la réflexion ait commencé à s'approfondir à l'occasion :

  • du traitement de la normalisation multilinguistique (coopération INTlNET, ACALAN, UIT, UNESCO au sein de MAAYA - et notre succès à l'IETF contre une "globalization" américaine (UNICODE) du nommage numérique) ;
  • puis de la "Transition du NTIA" (où notre précaution a pu pondérer une approche par trop unilatéralisée).


Au total nous pouvons conclure que nous sommes passés :

Nous avions voulu répondre au besoin d'une nouvelle architecture du penser, pour l'homme/machine : nous nous retrouvons confinés à des contraintes de police inquisitoires des échanges et de douane d'une propriété surannée des idées. Nos ambitions et notre première ébauche, écartée par les limitations de l'internet, est devenu dans l'inconscient collectif un "internet initial" qu'il n'a jamais été, ni entendu, ni pu être.

C'est ce que nous appelons le "quiproquo du numérique" : celui de son mal-compris. Ce qui nous parait surprenant est le fourvoiement actuel de l'utilisation restreinte du numérique : personne ne questionne l'architecture des NTIC qui sont utilisées et étudiées comme s'il s'agissait d'une proposition naturelle relevant du big-bang. Comme

  • si l'ami Vint Cerf (le primauteur de TCP/IP en 1974) était Dieu le Père,
  • ou si tout le monde s'était le mot pour ne pas en considérer la dette technique.


Il nous restait à en comprendre la raison.

Celle-ci est profonde et corollaire de l'évolution sociétale de la multitude humaine depuis la forêt, l'agriculture, les villages et cités, les empires, et la féodalité.

  • Lorsque Machiavel eut à décrire dans son histoire de Florence, la révolte des "Ciompi" (l'innombré des ouvriers laineux qui n'avaient pas de ligue pour les défendre) contre des taxes incomprises, il utilisa le mot "multitude" pour la partie de la plèbe qui n'avait pas de contrat social avec l'autorité souveraine de la cité, réservant le mot "peuple" pour celle qui avait un statut institutionnel.
  • Ce fut le grand thème du débat politico-sociétal qui de Bodin (notion de souveraineté), à Spinoza, conduisit à Hobbes (Léviathan), à la paix de Westphalie et à l'Etat-moderne sur lequel nous vivons encore. Hobbes résume cela en disant que "la rébellion c'est lorsque la multitude se révolte contre le peuple". Exemple : les "Gilets Jaunes".
  • Le double sommet mondial sur la société de l'information (SMSI 2003-2005), a établi les principes que la société du savoir [1] que nous construisons doit être :
  • "people centered, à charactère humain, centrada en la persona" ;
  • sa gouvernance en multipartieprenance entre gouvernements, société civile, secteur privé et organisations internationales.
et donc organisé selon une formule nouvelle d'Etat-réseau post-moderne que tentent aujourd'hui de retarder et de se disputer les "GAFEtats", tentant de bloquer ou de confuser la capacitation individuelle pour laquelle nous avons œuvré.
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  1. Toute l'ambiguité que nous vivons est celle de la langue anglaise qui ne possède pas de terme pour les mots clés de notre époque qui sont "avenir", "global" et "savoir". La résolution de Tunis pour la société du savoir ( en espagnol) utilise un "true knowledge" ambigu et bien vite oublié.


Etat des situations

  1. en 1986, c'est l’hystérésis de l'équilibre sociétal moderne qui a naturellement joué contre la nouveauté du réseau numérique ;
  2. demain, la stabilisation de l'équilibre sociétal post-moderne prévaudra par la stabilisation du déploiement juritechnologique ("architecture is politics; code is law")
  3. aujourd'hui nous sommes encore en période d'allers et de contrecoups transitoires, où il est nous est rabâché que le problème est celui de la complexité de notre maîtrise d'un numérique envahissant, alors qu'au contraire nous avons introduit la réticularité numérique pour simplexifier la prise en compte d'un monde approfondi dont Poincaré (1889) nous a révélé la complexité et le chaos (irrésolubilité analytique du problème à n corps, pour n > 2).


La solution ?

La solution nous apparaît être la sapience : la construction et l'appropriation de bon sens du commun du savoir commun participativement partagé sur, par, pour et au sein de la "multitude des chacuns de nous" et de celles des composants de l'univers :

  • soutenu par une diktyologie (réseau d'ontologies) ouverte,
  • une raison et des méthodes étendues (interdisciplinarité et compréhension polylectique des agoras),
  • architectoniquement modélisé par une grammaire anthropobotique uniforme de l'interligence de l'univers,
  • des outils communicationnels articulés autour du perférent (l'extension dynamique, mis à jour, fiduciarisé, ubiquiste, pervasif, adressable et multilinguistique, du document).
  • une théorie néguentropique et interdisciplinaire de la relation et de l'intellition, complétant celles de l'entropie de Shannon et de l'algorithmie de Solomonov, Chaitin et Kolmogorov.

Il nous parait que ceci pourrait résulter de la propagation catalytique de capaxies personnelles autonomes, locales, etc. de nos mnèmes privés, que nous modélisons sous forme de "neb" : le nébulaire glocal d'échanges entre les processeurs personnels, ou communautaires, de chacun - pour nous permettre de pleinement et librement nous exprimer et agir selon nos mots et nos bots.